Acheter un gel douche « zéro substance controversée » avec une « formulation clean » « sans cochonnerie inavouable », les consommateurs sont nombreux à en rêver. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle des industriels osent ce type d’allégations… pourtant contraires à la réglementation ! À « 60 », nous avons pris l’habitude, depuis cinq ans, de passer à la moulinette du Cosméto’Score des produits cosmétiques. Ce nouveau coup de projecteur vise sept familles (déodorants, gels douche, shampooings, mousses à raser, sticks à lèvres solaires, huiles bronzantes et huiles sèches). Objectif : identifier les meilleurs élèves de différentes catégories.
Bien sûr, des applications d’évaluation pour smartphones (Yuka, INCI Beauty, QuelCosmetic, MyLabel…) jouent ce même rôle. Elles se sont imposées notamment chez les jeunes, qui scannent les codes-barres dans les supermarchés comme dans les salles de bains. Les industriels l’ont compris et certaines marques – comme Lovea depuis 2022 – ont pris le parti d’afficher, par exemple, la note Yuka sur leurs fiches produits en ligne. Pourquoi continuer alors nos coups de sonde réguliers avec le Cosméto’Score ? Aucune de ces applis ne jauge les produits de la même façon. QuelCosmetic ne tient pas compte de l’impact environnemental ; Yuka a la réputation de noter plus sévèrement qu’INCI Beauty lorsqu’il existe une suspicion de risque, ce par principe de précaution. Une marque comme La Crème libre l’a compris et affiche sur ses fiches produits en ligne le code-barres : les consommateurs sont alors « libre[s] de décrypter la composition (…) sur l’application de [leur] choix ». La diversité des modes d’évaluation donne lieu à des différences de notation qui peuvent créer de la confusion. À quel score se vouer ?